Le blog de cantondeboos

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lundi 7 septembre 2009

Contre le processus de privatisation de La Poste, pour un service public de qualité !

La Direction de La Poste et le Gouvernement ont décidé d’ouvrir le capital de La Poste et de transformer l'Etablissement Public en Société Anonyme (S.A.), ouvrant la voie à la privatisation totale. La Poste est un des principaux services publics de proximité. C'est surtout un service ouvert à tous, qui garantit l'égalité d'accès et de tarification sur tout le territoire national et qui joue un rôle de lien social irremplaçable pour nos concitoyens, notamment les plus fragiles et les plus isolés. Le changement de statut et l’ouverture du capital de La Poste soumettraient la gestion de l'entreprise aux seules exigences de ses actionnaires, au détriment des missions de service public. Cela conduirait à l’abandon des activités jugées peu rentables, avec des conséquences graves pour la population et pour l’aménagement du territoire. Les élus communistes et républicains ne sont pas dupes des promesses réservant le capital aux seuls acteurs publics. Le changement de statut entraînera inéluctablement l'ouverture du capital à des acteurs privés et, de fait, une privatisation à court terme. C'est pourquoi ils demandent que le projet de changement de statut et d'ouverture du capital de La Poste soit abandonné. Ils exigent au contraire que des moyens nouveaux soient accordés à l'établissement. Un financement pérenne doit ainsi être assuré afin que la qualité du service public soit restaurée puis améliorée. Le service public postal s'est en effet fortement dégradé ces dernières années du fait des décisions des instances dirigeantes de l'établissement. Les députés communistes, républicains et du Parti de Gauche ont à cet égard demandé le mois dernier la création d’une commission d’enquête sur la politique de présence territoriale de La Poste. Partie prenante du « Comité National contre la privatisation de La Poste », l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains soutient l’initiative de Consultation citoyenne le 3 octobre 2009 « contre la privatisation de la Poste, pour un débat public, pour un référendum sur le service public postal ». Le matériel de campagne est disponible sur le site du Comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal - affiche, profession de foi, bulletins de vote.

C'est la rentrée

C’est la rentrée. Les élèves sont dans les classes depuis hier, mais 13 500 enseignants n’étaient pas au rendez-vous, puisque le gouvernement a rangé le nombre des professeurs dans le chapitre gaspillages du budget de l’État. Le monde du travail retrouve une situation aggravée au lendemain de quelques semaines de vacances, pendant lesquelles nombre de salariés se sont privés d’un séjour au bord de la mer ou d’une visite chez des proches à la campagne. La crise semble choisir ses cibles : la cohorte des salariés, ceux qui n’ont en propre que leur courage, leurs compétences, leur volonté de vivre dignement. Après avoir fait miroiter une sortie du tunnel, sur l’air de « le pire est derrière nous », deux ministres se sont relayés hier pour expliquer que l’emploi allait encore reculer après la nouvelle progression du chômage, selon les normes du Bureau international du travail, (plus 0,6 % en trois mois), qui atteint officiellement 9, 5 %. Combien de temps cela va-t-il durer ? s’interrogent les familles d’ouvriers et d’employés qui voient autour d’elles, dans tous les départements, la valse meurtrière des restructurations, des plans de licenciements, des annonces de fermetures d’entreprise ? Comme le refroidissement du fût du canon, cela prendra un certain temps, leur répond Christine Lagarde, qui estime que la dégradation va durer encore « quelques trimestres », et Xavier Darcos, qui prévoit que « les prochains mois seront difficiles ». C’est la rentrée. Avec son lot de projets concoctés dans la torpeur de l’été, qui prennent avec le retour de septembre un relief plus accusé. En plein mois d’août, Xavier Darcos a lancé un ballon d’essai visant à supprimer les annuités auxquelles ont droit les mères salariées en vue de la retraite. Cette disposition compense très partiellement les inégalités qui frappent les femmes dans leur vie professionnelle. Avec une hypocrisie sans égale, le gouvernement entend abolir la mesure au nom de l’égalité entre les sexes ! Mais qui l’empêche de faire une proposition visant à accorder des annuités à des hommes qui ont élevé leurs enfants ? Nul n’en est dupe. Ce nouveau projet entre dans le champ des économies à réaliser sur les familles populaires pour maintenir, alors que la situation économique est difficile, en l’état le soutien apporté aux plus riches de notre société. Puisque Nicolas Sarkozy aime à évoquer la « moralisation » du capitalisme, qu’il veuille bien expliquer ce qu’il y a de moral dans un projet qui va retarder l’âge de la retraite d’une caissière de supermarché ou d’une ouvrière d’une usine textile, alors que sévit toujours le bouclier fiscal qui épargne les plus riches de l’ISF. Au nom de la CGT, Bernard Thibault a manifesté, hier, au cours de sa conférence de rentrée, une ferme opposition au projet gouvernemental. Décidément, sous le règne de Nicolas Sarkozy, les plus hauts idéaux sont dévoyés et piétinés. On l’a vu avec le féminisme pour justifier l’allongement de l’âge de la retraite. C’est aussi le cas avec l’écologie. Au nom de la défense de l’environnement, les salariés vont mettre la main à la poche, pour compenser la suppression de la taxe professionnelle que paient jusqu’à présent les entreprises aux collectivités locales, permettant à celles-ci de financer des besoins sociaux. Même peinte de couleur verte, la taxe carbone est un tour de passe-passe, une entourloupe pour faire financer à tous les cadeaux que l’on offre à quelques-uns. Les revendications de tribune d’une Laurence Parisot réclamant des compensations pour les entreprises et la fermeté de façade de François Fillon, assurant que la suppression de la TP est le seul dédommagement, relèvent du jeu de rôles. Le gouvernement en effet n’a guère convaincu l’opinion, aux deux tiers hostile, si l’on en croit un sondage, à la taxe carbone. C’est la rentrée, avec le même gouvernement, les mêmes méthodes et le même besoin de riposte. Dans une semaine, la Fête de l’Humanité sera une formidable occasion d’en débattre et de se faire entendre. La Fête de l’Humanité, c’est aussi la rentrée.